
Par EMMANUËL (Obskure.com)
Avec énormément de regret, on avait cru devoir ranger Rush sur létagère de nos souvenirs. Les problèmes familiaux du batteur Neal Peart avaient semblé enterrer les ambitions de lun des plus marquants groupe du rock dit « progressif ». Il ne faut pas vendre la peau de lours avant de lavoir tué : et la couenne, le bassiste-chanteur Geddy Lee la plutôt tannée. Rush renaît de ses cendres pour délivrer quelques nouvelles traces dun passé récent en studio. Le trio remet le couvert, six ans après le très audacieux « Test for Echo », pour un disque distinct de ses prédécesseurs par certains aspects même si, pour lessentiel, on retrouve ici tous les ingrédients qui firent la renommée de Rush. Si, au cours des années 90, le trio a abandonné les formats longs pour se consacrer à des mensurations musicales plus classiques, la tendance est entérinée sur « Vapor trails », une collection de morceaux aux arrangements ambitieux, qui privilégie un rendu « live » au traitement très agressif des guitares que Rush privilégia sur « Test for Echo » et la pierre dachoppement « Counterparts » (1992). Le son est donc un peu moins clair que sur les précédents enregistrements, mais lénergie est bien au rendez-vous : très chargé en guitares (« One little victory ») et plutôt axé sur des rythmiques rapides (« Ceiling unlimited », « Ghost rider »), « Vapor trails » synthétise toute la puissance que Rush déploie en concert, mais en studio. Regorgeant de riffs toujours aussi typés (« Sweet miracle », déjà un classique), l'album ne recouvre comme véritable défaut que le manque relatif de surprises : le trio ne fait jamais de redite, mais sa manière daborder la musique fait désormais partie du patrimoine commun. Et force est de reconnaître quen dépit du soin toujours aussi exigeant apporté à chaque arrangement, Rush na pas réellement bouleversé ses fondamentales. Au bout du compte, « Vapor trails » célèbre le retour du groupe au rang qui restera le sien : celui dun groupe marquant et toujours aussi vivant, mais dont les contours de linspiration se dessinent de plus en plus en plus schématiquement. Ne nous méprenons toutefois aucunement : largement au-dessus de la moyenne des productions du genre, « Vapor trails » regorge dune énergie hors du commun, qui fait plaisir à voir : Geddy Lee, Neil Peart, et Alex Lifeson sont toujours vivants, reviennent de nulle part et reprennent les armes. Ils jouent. Et cest bien la meilleure nouvelle apportée par ce « Vapor trails ».
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